Lisa Fraipont: C’est une des métaphores centrale du Katonah Yoga.

C’est une des métaphores centrale du Katonah Yoga.

Chez soi on a pas à se comporter d’une manière ou d’une autre, à être poli ou discipliné. (Le concept de la demeure est un concept dynamique)
Et quand la fête est finie, chacun développe des techniques pour nettoyer.

Au lieu de penser au corps comme à un temple, avec ses impératifs de respect et de beauté, imaginez-le plutôt comme une maison magique (et mobile !).
Chez soi, on n’a pas à se comporter d’une manière ou d’une autre, à être poli ou discipliné. (Le concept de la demeure est un concept dynamique)
C’est un lieu où on peut être complètement détendu, confortable, confiant. Chez soi, on peut méditer et passer du temps seul, on peut aussi inviter des amis et organiser des fêtes.
Et quand la fête est finie, chacun développe des techniques pour nettoyer.

Une grande partie de cette pratique consiste en effet à faire le ménage :
dans un temple il n’y a pas de toilettes, mais dans une maison il y a une salle de bain. Avant d’inviter des gens vous voulez être sûrs que les canalisations ne soient pas bouchées, et que la chasse d’eau fonctionne.
Il faut aussi vérifier que les fenêtres s’ouvrent et se ferment pour pouvoir aérer, qu’il n’y a pas de reflux dans les canalisations, que les éviers soient débouchés, les toilettes nettoyées, les chauffages purgés, la chaudière entretenue, les horloges réglées, la cheminée ramonée, etc. -

Votre maison comporte 3 étages et des fenêtres à chacun d’eux.. En ouvrant grand les fenêtres, vous établissez les conditions pour créer un courant d’air, vous le créez afin de permettre à l’air stagnant de s’évacuer.

Beaucoup de pratiques de bien-être consistent à établir des conditions propices : pour qu’une plante grandisse, il ne sert à rien de rester à côté d’elle à le lui demander; il faut plutôt lui fournir du terreau, un ensoleillement adapté et l’arroser de temps en temps. Les plantes croissent quand leurs besoins sont remplis, quand les conditions sont idéales.

Ainsi, en utilisant la métaphore du corps comme une maison, on apprend à faire circuler l’air, à mettre en place les conditions idéales pour que la nature suive son cours. Ces conditions sont à la fois formelles et structurelles.

Votre corps possède l’intelligence d’expulser une écharde, une balle, un bébé.

Ces pratiques vous aident à établir les conditions propices pour que votre corps puisse se régénérer. Les organes et les glandes sont un peu comme des meubles, peu leur importe où vous les placez. Une méridienne ne se soucie pas que vous la mettiez dans la salle de bain ou dans le salon, mais si vous voulez profiter de vos meubles, vous les placerez là où vous pouvez les utiliser, fonctionnellement !

Les règles, les conventions, les formes formelles permettent de trouver une adéquation, et cette adéquation nous donne des informations sur la fonction des meubles, des organes, des glandes.
Il n’incombe qu’à vous d’organiser vos pièces pour pouvoir vous y amuser !

Profiter de son corps dépend en grande partie de l’entretien régulier qu’on en fait et de l’attention qu’on porte à tous ses sous-systèmes.
La nature ne s’intéresse pas au personnel mais bien au collectif. Même si, pour chacun d’entre nous, la vie est très personnelle, il s’agit de devenir visionnaire, de prévoir ce qui va arriver, ce qui se passe(ra) autour de nous et de nous placer au centre de ces circonstances.

De cette façon, quand un autre véhicule fonce vers notre mobile-home - littéralement notre maison mobile -, on peut mettre notre clignotant et nous rabattre sur une autre bande pour éviter la collision.

Le but de toutes ces techniques est d’éviter l’angle mort, car même si ce n’est pas de notre faute, lorsque l’on fait un accident, ça devient notre problème.

SE DEPLACER DANS SA MAISON

Comme une maison, notre corps comporte un système de tuyauterie centrale.
En yoga, on l’appelle sutra atman ou le fil de Soi. Parfois imaginé comme un fil doré, il correspond au tai chi, à l’axis mundi, ou à sushumna d’une yoga classique composé des chakras. On s’y réfère souvent comme à un axe, un tube éthérique, un conduit implicite ou un fil de plomb qui voyage du troisième oeil (entre les deux sourcils) à la troisième main (le thymus) jusqu’au troisième pied (le périnée).

Imaginez que tout votre corps est organisé autour de cet axe énergétique. Ouvrez votre imagination et faites descendre un fil doré qui voyage de l’univers, à travers le sommet de votre tête jusqu’au centre du crâne, qui descend dans la gorge, le torse, et qui ressort par le périnée pour aller jusqu’au centre de la terre.

Finalement, avec la pratique, le temps et à force de répétition, vous tisserez ce fil doré pour en faire un cocon, dans lequel vous pourrez vous sentir en sécurité et bien isolé afin de faire vos pratiques alchimiques de transformations.
Un cocon est formé de plusieurs couches. Pensez à une bobine de fil: si on ne l’enroule que dans un sens, au bout d’un moment,elle se défait. Quand vous avez plusieurs façons de vous enrouler sur vous-même, vous voyagez neurologiquement : vous pouvez dépasser les perspectives limitantes de vos angles - vous devenez sphériques. C’est une compétence pratico-pratique, car dans la vie, les structures rigides, angulaires, cassent quand elles tombent tandis que les sphères rebondissent. Ainsi, face aux coups inévitables de la vie (les deuils, les chocs...), vous pouvez cultiver des pratiques qui vous permettront de rebondir: la méditation, les asana, le pranayama, etc.