Alexandra G ~ Katonah Interprétations ~ "Make a deal with yourself"

"Make a deal with yourself"

Faire une promesse à quelqu'un, et surtout la tenir, s’avère souvent plus simple qu’on ne le croit. L’engagement est pris, ce qui est dit, est dit, des témoins peuvent en attester.
Il reste toujours envisageable de revenir en arrière, de prendre la chose à la légère - pourquoi pas - mais nous sommes soumis au regard de l’autre, qui peut nous brider. En proposant à un(e) ami(e) de vous accompagner à un cours, vous êtes bien plus sûr(e) d’y aller que si vous décidiez de le suivre seul(e), par exemple.


Se faire une promesse à soi et la tenir, voilà une ambition d’envergure ! Comment donner de la valeur à quelque chose qui n’existe qu’en nous-même, pour nous-même ? Personne ne sait ce qui se tient derrière les volets clos de notre conscience. Facile dès lors de tricher, de se raconter des histoires, de trouver une excuse, jusqu’à s’affranchir totalement de ce que l’on s’était dit. Un cours, quel cours ? Et vous voilà englué(e) à votre canapé. (Ce qui, ma foi, n’est pas si mal, de temps en temps !)

« Make a deal with yourself » - cette phrase, souvent répétée en Katonah yoga, presque comme un mantra, m’a marquée dès que je l’ai entendue la première fois. Simple, mais si juste. Nous oublions trop souvent de respecter les pactes que l’on instaure de soi à soi. Et comme le dit Dages, ma professeur, « it’s no one’s business » : cette promesse, c’est la vôtre, elle ne regarde que vous, le monde extérieur ne doit pas avoir d’emprise sur elle. Soyons honnête envers nous-même par simple désir de l’être, et non pour faire plaisir à quiconque ni dans l’idée de correspondre à un schéma imposé par la société. Deal ?

Cela peut se traduire par une tenue prolongée des postures : vous choisissez le temps imparti, votre propre degré d’engagement - sans tomber dans l’excès ou la facilité, mais en vous écoutant

réellement. Et depuis cette écoute, en apprenant ainsi à mieux vous connaître, vous gagnerez en confiance, redécouvrirez votre manière d’appréhender le monde et d’y habiter. •
En Katonah yoga, nous évoquons souvent la notion de limite, les délimitations justes qui, au lieu de nous enfermer, nous portent, nous donnent à nous épanouir, comme le tuteur d’une plante. Quelque part, c’est la même idée, ici, sa continuité. On dessine au-dedans de nouveaux contours, pour s’y sentir encadré(e), moins dispersé(e), on choisit le chemin à emprunter sans se retourner.


Et une fois cette promesse tenue, une fois le sentiment galvanisant d’avoir su se respecter, d’avoir donné corps à une certaine intégrité, il sera toujours temps de lâcher du lest, de changer de direction, même, si nécessaire. Parce que nous l’aurons décidé.
Nous sommes libre. Mais sachons profiter intelligemment de cette liberté !