Alexandra G ~ Katonah Interprétations ~ "The body as a house"​ ​: l'orée du printemps

"The body as a house" : l'orée du printemps

En Katonah yoga, le corps ne s’apparente non à un temple, mais à une maison, que l’on occupe tout au long de son existence. Ainsi, la solennité n’est pas de mise : un foyer se doit d’être vivant, accueillant, de refléter quiconque l’habite, le plus fidèlement possible. Certains jours, nous sommes plus ordonnés que d’autres et parfois, la lumière se répand davantage à travers les fenêtres. Il arrive qu’il y fasse plus froid, que l’on s’y sente seul, mais tout cela n’est qu’une question de cycles : l’âme d’une maison évolue avec le temps, au gré des saisons.

Après avoir passé l’hiver au coin du feu, à hiberner pour recharger nos batteries et prendre soin de l’énergie du rein, notre attention ainsi dirigée à l’arrière du corps - vers notre carapace, notre passé, notre sagesse, dans l’introspection - il est temps de s’ouvrir à l’arrivée imminente du printemps, au redéploiement de notre potentiel. La maison fut refuge, elle aspire désormais à devenir lieu d’échanges.

Que nous réserve ce nouveau cycle, quels sont les futurs souvenirs qui viendront la décorer ? • Avant d’y songer, opérons dans l’ordre : cette saison est propice au renouveau, le renouveau s’accompagne d’une envie irrépressible de faire le tri, de s’adonner à un grand ménage.
C’est le retour des postures de torsion qui mettent l’accent sur l’énergie du foie et nous offrent littéralement l’occasion de nous réapproprier notre horizon, de voyager autour de nous-mêmes, en nous-mêmes, pour gagner en perspective et en circonférence. Les « backbends » seront aussi à l’honneur comme un écho aux mouvements de la nature - la montée des sèves, les fleurs en éclosion, les jours qui s’étirent - cette élévation synonyme d’ouverture au monde demandera un effort de notre part, tout autant qu’elle sera source de grâce.

Et c’est là l’une des clés de ces temps à venir : dépasser l’inconfort éventuel lié à la transition, pour savourer ce qui en résulte.


Aussi, la pratique de ces prochaines semaines vous demandera d'aérer en grand, de dépoussiérer, de gratter la surface, jusqu’à redonner tout son lustre à votre maison. Un ménage de printemps en bonne et due forme ! Time to awaken your inner Marie Kondo, guys ;)

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« Votre pratique posturale ne doit guère devenir le but ultime, la priorité de votre existence - il s'agit simplement d'une forme de maintenance, du grand ménage que l'on opère pour prendre soin de la maison qu’est notre corps.
Si vous nettoyez cette maison sept heures par jour, de toute évidence, quelque chose cloche... Si vous estimez que ce ménage donnera du sens à votre vie, peut-être est-il nécessaire de s’interroger. Mais si vous ne prenez jamais le temps de tout dépoussiérer, d'aérer, si vous ne savez pas comment prendre soin de votre foyer, alors, là aussi, un changement s'impose. » Nevine Michaan

Nous naissons tous avec un corps unique, parfois perçu comme cadeau ou en tant que fardeau, qu’importe : ce corps est le nôtre, une maison où il fera bon vivre si l’on choisit d’en prend soin, certes, mais par où commencer ? Tant de pièces, de recoins, d’escaliers, de possibilités... Tant de cachettes et tant d’espaces à conquérir.


Comment s’habiter physiquement lorsque nous passons nos journées dirigés par notre intellect et nos pensées ? On nous a fait croire qu’il fallait être cérébral, loger dans notre mental, mais vous

imaginez-vous dédaignant tout le confort et la générosité d’une demeure pour prendre vos quartiers permanents sur le toit seul ? Regarder les étoiles reste un plaisir indispensable, toutefois il serait dommage de ne pas profiter des jardins aussi, de négliger le moelleux d’un grand lit ou même de ne pas s’accorder le temps de fouiller dans les cartons ronflant depuis un bail à la cave : l’heure du tri a sonné, le printemps est arrivé.


Nous avons tous des squelettes dans nos placards, s’agit-il de trophées accumulés, d’ancêtres oubliés ? Et ces araignées au plafond, qui tournent en rond, est-ce qu’on les appelle par leur petit nom ?

À nos balais, le vent du grand ménage continue de souffler, la respiration nous aidera à y voir plus clair entre les nuages de poussières - et la vision, la clarté, ont justement trait au foie, l’organe clé de cette nouvelle saison. Tout se recoupe. Y’a plus qu’à...