Alexandra G ~ Katonah Interprétations ~ Qu'est-ce que le Katonah Yoga ? Une soif d'inédit

Qu'est-ce que le Katonah Yoga ? Une soif d'inédit.

En Katonah Yoga, tout est déroutant. Quelque soit le nombre d'années de pratique au compteur, ou même d'enseignement, n'importe quel professeur aguerri se trouverait déstabilisé - délicieusement, certes, mais tout de même ! - face à cette science étrange où le Hatha s'éprend de philosophie

Taoïste, de géométrie sacrée, d'ésotérisme, de mythologie, et d'un grand vent de liberté, loin des théories cadenassées, immuables, dictées par d'autres lignées.
Je revois encore Dages nous dire, tout sourire, qu'il n'y a pas de règles, en vérité : "you can do whatever you want with your practice!"

Découvrir ce yoga, c'est accepter de redevenir débutant, de redéfinir sa pratique. C'est décider de confronter ses automatismes, en exerçant autant le mental que le corps, et en utilisant la richesse de son expérience acquise ailleurs, différemment, pour embrasser le champ des possibles, pour se rappeler qu'il n'existe pas qu'une seule façon de faire, et jouer alors de ce plaisir-là.

Qu'il s'agisse de changer subtilement un détail - une paume que l'on dépose à l'envers, des genoux qui se logent au creux des aisselles comme en quête d'un refuge - ou d'articuler de manière inédite des concepts déjà familiers, tout se prête au renouveau, tout devient spacieux, malgré les cadres, les mesures, et la précision qui s'invitent parfois. •

En résumé, la proposition du Katonah yoga pourrait être celle-ci : oubliez tout ce que vous savez déjà, et ouvrez grand les portes d'un désir tout neuf de vivre, d'apprendre, de pratiquer.
Dialoguez avec vous-même, échangez auprès d'autrui, enrichissez-vous de ce qui ne vous appartient pas encore entièrement.

Même le simple fait de respirer vous apparaîtra comme magique.

Alexandra G ~ Katonah Interprétations ~ Qu'est-ce que le Katonah yoga ? Un moyen de se redécouvrir.

Qu'est-ce que le Katonah yoga ? Un moyen de se redécouvrir.

Depuis notre naissance jusqu'au terme de notre existence, nous apprenons, avides : premiers pas, premiers mots, premières expériences amoureuses, premières explorations professionnelles... et premier chien tête en bas !
Vous en souvenez-vous ? Tout semblait déconcertant, fascinant, et imprévisible, lors de cette rencontre initiale avec le yoga. Tout n'était que révolution, et révélations.

Puis, l'assiduité, le temps, ont permis au corps comme au mental d'intégrer ces gestes et ce langage qui ne vous appartenaient pas encore, d'en faire peu à peu une seconde nature : ce même chien tête en bas, vous en connaissez désormais parfaitement les rouages, vous l'habitez les yeux fermés.

Mais maîtriser un art, une technique, quels qu'ils soient, impliquent de savoir aussi les remettre en question, d'en renverser l'ordre établi, de dépasser les acquis et les évidences, pour atteindre d'autres sphères, et se forger ainsi une troisième nature : lorsque le chien tête en bas n'aura plus que trois pattes tandis qu'une de vos mains atterrira soudain contre votre sacrum, comment vivrez-vous cet instant ? Saurez-vous rester calme même si désorienté(e), présent(e) et prêt(e) à embrasser le changement dessiné par cette structure audacieuse ?

Révolutionner sa pratique pour qu'elle puisse révéler des chemins inédits - du sensible vers le subtil - et créer d'autres connexions, de nouveaux ponts entre nos perceptions et le réel, jusqu'à devenir source d'évolution - voilà ce que nous propose le Katonah Yoga.

Alexandra G ~ Katonah Interprétations ~ "Make a deal with yourself"

"Make a deal with yourself"

Faire une promesse à quelqu'un, et surtout la tenir, s’avère souvent plus simple qu’on ne le croit. L’engagement est pris, ce qui est dit, est dit, des témoins peuvent en attester.
Il reste toujours envisageable de revenir en arrière, de prendre la chose à la légère - pourquoi pas - mais nous sommes soumis au regard de l’autre, qui peut nous brider. En proposant à un(e) ami(e) de vous accompagner à un cours, vous êtes bien plus sûr(e) d’y aller que si vous décidiez de le suivre seul(e), par exemple.


Se faire une promesse à soi et la tenir, voilà une ambition d’envergure ! Comment donner de la valeur à quelque chose qui n’existe qu’en nous-même, pour nous-même ? Personne ne sait ce qui se tient derrière les volets clos de notre conscience. Facile dès lors de tricher, de se raconter des histoires, de trouver une excuse, jusqu’à s’affranchir totalement de ce que l’on s’était dit. Un cours, quel cours ? Et vous voilà englué(e) à votre canapé. (Ce qui, ma foi, n’est pas si mal, de temps en temps !)

« Make a deal with yourself » - cette phrase, souvent répétée en Katonah yoga, presque comme un mantra, m’a marquée dès que je l’ai entendue la première fois. Simple, mais si juste. Nous oublions trop souvent de respecter les pactes que l’on instaure de soi à soi. Et comme le dit Dages, ma professeur, « it’s no one’s business » : cette promesse, c’est la vôtre, elle ne regarde que vous, le monde extérieur ne doit pas avoir d’emprise sur elle. Soyons honnête envers nous-même par simple désir de l’être, et non pour faire plaisir à quiconque ni dans l’idée de correspondre à un schéma imposé par la société. Deal ?

Cela peut se traduire par une tenue prolongée des postures : vous choisissez le temps imparti, votre propre degré d’engagement - sans tomber dans l’excès ou la facilité, mais en vous écoutant

réellement. Et depuis cette écoute, en apprenant ainsi à mieux vous connaître, vous gagnerez en confiance, redécouvrirez votre manière d’appréhender le monde et d’y habiter. •
En Katonah yoga, nous évoquons souvent la notion de limite, les délimitations justes qui, au lieu de nous enfermer, nous portent, nous donnent à nous épanouir, comme le tuteur d’une plante. Quelque part, c’est la même idée, ici, sa continuité. On dessine au-dedans de nouveaux contours, pour s’y sentir encadré(e), moins dispersé(e), on choisit le chemin à emprunter sans se retourner.


Et une fois cette promesse tenue, une fois le sentiment galvanisant d’avoir su se respecter, d’avoir donné corps à une certaine intégrité, il sera toujours temps de lâcher du lest, de changer de direction, même, si nécessaire. Parce que nous l’aurons décidé.
Nous sommes libre. Mais sachons profiter intelligemment de cette liberté !

Alexandra G ~ Katonah Interprétations ~ Feelings change, measurements don’t.

« Feelings change, measurements don’t. »

Nevine Michaan

Je me suis longtemps interrogée sur cette phrase illustrant l’un des principes fondamentaux du Katonah yoga : une juste géométrie pour pilier, plutôt que de se fier à ce que l’on ressent puisque nous sommes, par nature, des êtres fluctuants. Compter davantage sur nos os que sur nos muscles, lorsqu’il s’agit d’alignement, aussi. Et s’ouvrir à la nouveauté, à ces mêmes fluctuations, dès lors que nous sommes bien ancrés.

Il est vrai que le changement fait loi, tantôt en bourrasque, tantôt en demi-teinte, et nous n’y pouvons rien ; nous ne sommes qu’à même d’intervenir sur notre façon de le vivre, de l’accueillir - thème en lien avec les organes clés de l’hiver, reins et vessie.
J’aimais déjà, plus jeune, l’idée d’Héraclite selon laquelle nous ne nous baignons jamais dans le même fleuve. Certes, mais il n’empêche qu’on en ressortira mouillé, quoiqu’il advienne !
Il y a les faits, et puis les ressentis. Est-ce qu’ils concordent parfois ? Peut-être. Au final, ça n’a pas tant d’importance. On s’appuie sur les premiers, pour mieux embrasser les seconds.
Aussi, notre quête pourrait-être celle-ci : quelle est la juste géométrie, quelles sont les mesures et notions d’alignement correspondant à mon corps à cet instant précis - à ma propre histoire, à mes habitudes, et à mon passé, qui se conjuguent aujourd’hui ? Tout cela comme une impression instantanée qui se développerait doucement sur pellicule, et nous raconterait une histoire vraie - sur le moment toutefois, car aussi, inévitablement, vouée à changer...

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Il y a ce mot, "boundaries", qui revient souvent dans l'enseignement de mes professeurs. La notion de limite, dans ce qu'elle a de plus beau, de plus juste, à offrir.

Car une limite ne devrait pas toujours être perçue en tant que telle : il ne s'agit pas nécessairement de frontière, mais plutôt d'un cadre, comme lorsque l'on souhaite mettre en valeur la beauté d'un tableau, le souligner.

Si les routes n'étaient pas clairement jalonnées, où irions-nous ? Sans les lignes tracées à la craie sur le terrain, comment jouer ? Libre, ne signifie pas laissé au hasard.

Les limites n'existent pas non plus dans le but d'être dépassées à tout prix : la proposition la plus intéressante consisterait simplement à pouvoir les situer, avec honnêteté, intelligence, et curiosité. Ce mur contre lequel je m'adosse : est-ce un repère, quelque chose qui me porte, de quoi laisser grimper le lierre des possibilités, ou est-ce un obstacle, quelque chose qui me retient en arrière et me bloque ?

Limites physiques et limites mentales, réelles ou subjectives, fondées ou rêvées... Il est question de géométrie juste, de mesures fiables sur lesquelles s'appuyer, pour prendre connaissance de ce que l'idée de limite revêt pour soi. Savons-nous les poser, nous les imposer, sans nous enfermer ? En tirer le meilleur parti ? Les géographies du corps et des émotions pourraient nous surprendre lorsqu'il s'agira d'en redessiner la carte...

Alexandra G ~ Katonah Interprétations ~ "The body as a house"​ ​: l'orée du printemps

"The body as a house" : l'orée du printemps

En Katonah yoga, le corps ne s’apparente non à un temple, mais à une maison, que l’on occupe tout au long de son existence. Ainsi, la solennité n’est pas de mise : un foyer se doit d’être vivant, accueillant, de refléter quiconque l’habite, le plus fidèlement possible. Certains jours, nous sommes plus ordonnés que d’autres et parfois, la lumière se répand davantage à travers les fenêtres. Il arrive qu’il y fasse plus froid, que l’on s’y sente seul, mais tout cela n’est qu’une question de cycles : l’âme d’une maison évolue avec le temps, au gré des saisons.

Après avoir passé l’hiver au coin du feu, à hiberner pour recharger nos batteries et prendre soin de l’énergie du rein, notre attention ainsi dirigée à l’arrière du corps - vers notre carapace, notre passé, notre sagesse, dans l’introspection - il est temps de s’ouvrir à l’arrivée imminente du printemps, au redéploiement de notre potentiel. La maison fut refuge, elle aspire désormais à devenir lieu d’échanges.

Que nous réserve ce nouveau cycle, quels sont les futurs souvenirs qui viendront la décorer ? • Avant d’y songer, opérons dans l’ordre : cette saison est propice au renouveau, le renouveau s’accompagne d’une envie irrépressible de faire le tri, de s’adonner à un grand ménage.
C’est le retour des postures de torsion qui mettent l’accent sur l’énergie du foie et nous offrent littéralement l’occasion de nous réapproprier notre horizon, de voyager autour de nous-mêmes, en nous-mêmes, pour gagner en perspective et en circonférence. Les « backbends » seront aussi à l’honneur comme un écho aux mouvements de la nature - la montée des sèves, les fleurs en éclosion, les jours qui s’étirent - cette élévation synonyme d’ouverture au monde demandera un effort de notre part, tout autant qu’elle sera source de grâce.

Et c’est là l’une des clés de ces temps à venir : dépasser l’inconfort éventuel lié à la transition, pour savourer ce qui en résulte.


Aussi, la pratique de ces prochaines semaines vous demandera d'aérer en grand, de dépoussiérer, de gratter la surface, jusqu’à redonner tout son lustre à votre maison. Un ménage de printemps en bonne et due forme ! Time to awaken your inner Marie Kondo, guys ;)

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« Votre pratique posturale ne doit guère devenir le but ultime, la priorité de votre existence - il s'agit simplement d'une forme de maintenance, du grand ménage que l'on opère pour prendre soin de la maison qu’est notre corps.
Si vous nettoyez cette maison sept heures par jour, de toute évidence, quelque chose cloche... Si vous estimez que ce ménage donnera du sens à votre vie, peut-être est-il nécessaire de s’interroger. Mais si vous ne prenez jamais le temps de tout dépoussiérer, d'aérer, si vous ne savez pas comment prendre soin de votre foyer, alors, là aussi, un changement s'impose. » Nevine Michaan

Nous naissons tous avec un corps unique, parfois perçu comme cadeau ou en tant que fardeau, qu’importe : ce corps est le nôtre, une maison où il fera bon vivre si l’on choisit d’en prend soin, certes, mais par où commencer ? Tant de pièces, de recoins, d’escaliers, de possibilités... Tant de cachettes et tant d’espaces à conquérir.


Comment s’habiter physiquement lorsque nous passons nos journées dirigés par notre intellect et nos pensées ? On nous a fait croire qu’il fallait être cérébral, loger dans notre mental, mais vous

imaginez-vous dédaignant tout le confort et la générosité d’une demeure pour prendre vos quartiers permanents sur le toit seul ? Regarder les étoiles reste un plaisir indispensable, toutefois il serait dommage de ne pas profiter des jardins aussi, de négliger le moelleux d’un grand lit ou même de ne pas s’accorder le temps de fouiller dans les cartons ronflant depuis un bail à la cave : l’heure du tri a sonné, le printemps est arrivé.


Nous avons tous des squelettes dans nos placards, s’agit-il de trophées accumulés, d’ancêtres oubliés ? Et ces araignées au plafond, qui tournent en rond, est-ce qu’on les appelle par leur petit nom ?

À nos balais, le vent du grand ménage continue de souffler, la respiration nous aidera à y voir plus clair entre les nuages de poussières - et la vision, la clarté, ont justement trait au foie, l’organe clé de cette nouvelle saison. Tout se recoupe. Y’a plus qu’à...